Terre

L’accès à la terre est un des grand enjeu pour le monde paysan : pouvoir disposer d’une terre saine, a un prix abordable est évidement une condition sine qua non a l’installation de nouvelles paysannes et de nouveaux paysans.

Quelques chiffres pour comprendre les enjeux :

En 2022 la Belgique ne comptait plus que 35.192 exploitations agricoles, contre 113.582 en 1980.

La taille des exploitations agricoles a également fortement évolué : elles sont aujourd’hui en moyenne 3x plus grandes que dans les années ’80. Les petites disparaissant au profit des grandes, qui n’ont souvent d’autre choix que de s’agrandir pour survivre.

Et plus de la moitié des agriculteurs et agricultrices d’aujourd’hui ont plus de 55 ans :

Parmi les agriculteurs et agricultrices proches de l’âge de la pension, a peine 36% trouvera un ou une repreneuse.eur.

Parmi les repreneurs, deux tiers sont des nima-culteurs (personnes non issues du milieu agricole)

Quant à l’accès à la terre, s’il y a une réglementation encadrant le bail à ferme, l’achat de terres en revanche, n’est pas du tout régulé : n’importe qui peut acheter une terre agricole et à n’importe quel prix ! Ainsi le prix du terrain agricole continue à grimper en Wallonie, en 2023 4389 hectares ont changé de main et se sont vendus en moyenne à 39.216€/ha, alors qu’en 2018 le prix moyen était de 26.002€/hectare…

De surcroît, plus le prix d’achat des terres s’emballe, moins les acquéreurs seront enclins à louer
les terres en bail à ferme vu le montant limité du loyer…Et ce n’est pas le montant du loyer qui doit augmenter, mais le revenu des agriculteurs sur lequel il se base…
Il y a dès lors de fortes raisons de s’inquiéter de la tendance qui se confirme d’année en année : plus de 30 % des surfaces sont acquises par des non-agriculteurs, parmi lesquels de plus en plus de sociétés non liées au secteur agricole. Ces sociétés contribuent à l’augmentation du prix de la terre parce qu’elles ont davantage les moyens d’acquérir, mais en plus, ces sociétés sont peu enclines à mettre leurs terres en bail à ferme, soit parce qu’elles les exploitent elles-mêmes, soit parce qu’elles les font gérer par des sociétés de gestion.

Dans un monde idéal la terre, ainsi que toutes les ressources, devraient être gérées comme des biens communs et sorties du système capitaliste basé sur la maximisation des profits.

En attendant, le Mouvement d’Action Paysanne milite pour :

Au niveau communal :

La mise en place de toutes les mesures nécessaires afin de soutenir l’installation de paysan.ne.s, les organismes agricoles agro-écologiques en place et la souveraineté alimentaire. Des mesures concrètes sont reprises et détaillées dans la Charte des Communes Paysannes.

Au niveau régional :

Le MAP-EPI asbl est favorable à la création d’un Organisme Agricole de Régulation des Transactions Foncières en Wallonie (ORAF-W). Retrouvez les missions et moyens de cet organisme dans le document dédié à télécharger en bas de page

Au niveau européen :

Le MAP-EPI asbl soutient la proposition élaborée au sein des groupes de travail de La Coordination Européenne de la Via Campesina d’une directive européenne pour la gouvernance des terres agricoles afin de mettre un terme à la concentration des terres. Ce document est également téléchargeable en bas de page.