Assemblée Générale du MAP-EPI 2021
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L’action "je suis paysanNE" lancée en 2015 avec l’affaire du Herve, est devenue un cri de (...)

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Journée Internationale des Luttes paysannes

De paysan à paysan : P2P !

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Des formations sur une thématique spécifique de l’agriculture paysanne.

Une immersion dans la vie paysanne au quotidien Vivez une saison entière d’agriculture dans une (...)

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Un parcours complet d’accompagnement vers votre installation en agriculture (...)

Journée des luttes paysannes
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Actions du MAP

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Audition du MAP en lien avec le plan stratégique wallon sur la PAC

Audition du MAP en lien avec le plan stratégique wallon sur la PAC

Une première audition autour du plan stratégique wallon a été organisée le 11 février au Parlement wallon

19 février 2021 par Johanne Scheepmans.
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Dans le cadre des consultations autour du plan stratégique wallon de la PAC, la Commission de l’économie, de l’aménagement du territoire et de l’agriculture a invité le MAP ce jeudi 11 février afin de voir quelles propositions concrètes notre Mouvement pouvait proposer. Suite à un travail collaboratif, Henri Lecloux, ancien co-président du MAP, a pu expliciter les changements et adaptations que nous estimons nécessaires afin que la PAC soutienne concrètement l’agroécologie et les petites structures paysannes.

Voici le texte que Henry à porter.

Le plan stratégique wallon de la PAC doit s’inscrire dans le Green Deal !

Ou​ comment sauver les fermes wallonnes, le climat et la biodiversité grâce à une transition agroécologique

Texte du Mouvement d’Action Paysanne (MAP) à l’occasion de son invitation ce 11 février 2021 par le Parlement wallon dans le cadre de la rédaction du Plan Stratégique wallon pour la prochaine Politique Agricole Commune.

I. Présentation du MAP

Le MAP est une asbl regroupant des paysan.ne.s et citoyen.ne.s qui veulent soutenir et développer une agriculture paysanne et agroécologique, c’est à dire une agriculture à taille humaine qui s’inscrit dans des critères de durabilité, de respect de l’environnement et de conservation du tissu social et visant à la souveraineté alimentaire. Le MAP est soutenu dans son combat par son outil de formation qu’est l’École Paysanne Indépendante (l’EPI).

II. Pourquoi soutenons-nous l’agroécologie ?

La biodiversité s’effondre, les sols s’épuisent, les eaux sont polluées, le climat se dérègle, les fermes disparaissent et nous importons la majeure partie de notre alimentation.

Le MAP pense qu’il est primordial, face aux crises actuelles, de soutenir des modèles de production alimentaire locaux plus​ ​ autonomes et plus économes en intrants chimiques et en énergies fossiles. La généralisation de pratiques agroécologiques favoriserait notre souveraineté​ alimentaire [1], l’accès à une alimentation d’une qualité nutritive en adéquation avec nos besoins, tout en préservant, voire améliorant, la biodiversité et en luttant contre le réchauffement climatique en vue de préserver notre planète pour notre génération et celles du futur.

L’approche systémique des pratiques agroécologiques permet aussi de replacer les producteurs.trices au centre des processus agricoles et contribue à résoudre leurs difficultés socio-économiques à travers des relations plus directes avec les consommateurs.

L’importance de tous ces points a été mise en avant par des études au niveau mondial et la nécessité d’y travailler a été soulignée dans des documents tels que les Objectifs de développement durable (ODD), les rapports du GIEC, de l’IPBES, la Déclaration des droits paysans​ [2], ou le rapport de France Stratégie indiquant que l’agroécologie offre une meilleure rentabilité des exploitations agricoles​ [3]

III. Revendications du MAP

Le MAP demande des politiques qui soutiennent concrètement et avec force les paysan.ne.s mettant en œuvre des pratiques agroécologiques​ [4], afin de rendre possible une réelle transition de notre système agricole et alimentaire.
Ce soutien doit concerner toutes les étapes et tous les aspects de la vie paysanne : installation, conditions de vie, accès à des ressources telles que la terre, transformation, circuits de distribution, contraintes administratives, reprises de fermes, etc.

L’objectif​ [5] est de multiplier le nombre de paysan.ne.s mais aussi de soutenir et développer les pratiques agroécologiques, et de développer un maillage de fermes résilientes et “à taille
humaine”. Pour cela il est nécessaire de former des paysan.ne.s, avec l’aide de la recherche afin de les aider à s’installer et assurer la pérennité de ces fermes tout en leur assurant un revenu digne.

1) Formation
Il est nécessaire d’axer tous les instruments de la PAC en lien avec la formation et l’encadrement agricoles sur la transition agroécologique. La formation et l’encadrement sont à promouvoir dans toutes les filières. Le budget alloué à la formation agricole, qui stagne depuis quelques années, devrait être renforcé, afin de permettre :

  • Le soutien et le développement de filières d’apprentissage agroécologique
  • le renforcement du soutien aux associations qui se positionnent déjà dans la formation vers des pratiques agroécologiques, comme le réseau de fermes-écoles du MAP-EPI ;
  • un accompagnement pour des paysan.ne.s qui se lancent, ou pratiquent déjà (dans) la transition agroécologique.
    La formation de nos (futur.e.s) paysan.ne.s doit être soutenue par la recherche sur des modèles
    agroécologiques à taille humaine en mettant l’accent sur la qualité nutritionnelle des productions.
    La recherche doit aussi soutenir les paysan.ne.s face aux changements climatiques en leur proposant des cultures riches en protéines et résistantes​ ​ à ces changements.

2) Aides à la reprise ou l’installation.
La création d’une ferme agroécologique prend du temps. Actuellement l’aide est limitée dans le temps alors qu’il faut au moins compter 3 ans afin qu’un.e maraîcher.e ou éleveur.euse installe son projet et ses installations, démarre ses cultures ou son élevage et puisse espérer en retirer un revenu tout en limitant son endettement. Cela implique que pendant ces premières années, un projet coûte beaucoup, tout en étant très énergivore mais ne rapporte pas ou prou.
ll faut encourager les petits projets agroécologiques, plus résilients que de grosses structures :

  • en supprimant ou limitant les frais de cotisations obligatoires (surtout si l’ensemble de la commercialisation se fait en direct au consommateur. Dans ce cas, la cotisation Apaq-W ne se justifie pas, tout comme une cotisation et un contrôle Afsca inadaptés) ;
  • ​ en​ ​ allégeant le travail administratif (dossiers d’installation ou autres) ;
  • en augmentant le budget des aides « jeunes agriculteurs » avec des critères de durabilité ;
  • en plafonnant les aides à l’installation à 100.000€ (70.000€ en capital et 30.000€ en garantie de crédit) et en augmentant l’âge limite à 50 ans ;
  • en mettant en place une dégressivité progressive des aides à partir de l’âge de la retraite ;
  • en mettant en place un système de parrainage (formation continue et suivi) qui faciliterait également la reprise ou la création ;
  • en soutenant les petites structures, qui sont facilement transmissibles sans
    surendettement et non en soutenant les grandes structures en les encourageant à être toujours plus grandes (plafonner les primes à l’hectare et soutenir les structures proportionnellement aux nombres de personnes y travaillant) ;
  • en permettant à ceux qui sont passés par une SACE (couveuse d’entreprise) d’avoir au moins droit à une partie des aides à l’installation (même 20.000€ serait déjà une belle bouffée d’oxygène à l’installation) ;
  • en revoyant le revenu de 15.000€ net annuel à la baisse dans les conditions d’octroi des aides à l’installation (non justifié quand on vit en partie de sa production diversifiée et qu’on a presque aucun frais alimentaire) ;
  • en diminuant le délai d’octroi des aides à l’installation (au moins pour une partie de celle-ci. A nouveau, on ne demande pas 70.000€ d’aides) ;
  • en créant des structures sous régionales de rencontres cédants-repreneurs.

Il est essentiel et urgent de faciliter l’accès à la terre pour les activités nourricières et agroécologiques : notamment en réservant en priorité les terres publiques (bien commun) à des porteurs de projets agroécologiques en installation et pour​ n​ourrir les collectivités locales (cantines, crèches, etc.).

3) Soutien aux pratiques agroécologiques
Nous pensons que des modèles de production sont à soutenir et d’autres pas. Nous pensons que les fermes doivent être à taille humaine, transmissibles, sans endettement impossible à supporter.
Les aides ne doivent pas être accaparées par des méga-projets de géants de l’industrie agro-alimentaire mais au contraire être utilisées prioritairement pour soutenir les petits et moyens agriculteurs.
Il faut encourager l’agriculture biologique et les modèles agroécologiques et augmenter le budget disponible pour le soutien à ces pratiques (autant aux paysan.ne.s les pratiquant déjà qu’à ceux en transition) :

  • en réservant une part significative ( + de 30% ) des budgets du 1​ er ​ pilier aux éco-régimes (avec une définition claire et à clair contenu écologique) ;
  • en réservant une part significative du 2​ e​ pilier aux mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC). Les MAE sont distribuées au linéaire de haie plantée, à la longueur de la bande fleurie, avec un minimum difficilement atteignable sur petites surfaces. Afin de soutenir les petites structures, il serait plus judicieux de les distribuer en fonction du pourcentage de surface, sans minimum ;
  • en prévoyant des primes incitatrices au moins égales au surcoût de production induit par ces pratiques ;
  • en soutenant des pratiques telles que :
    ◦ la réduction significative (minimum 60%) ​ de l’utilisation de pesticides et engrais de synthèse d’ici 2030 ;
    ◦ l’autonomie fourragère des élevages et l’élevage à l’herbe ;
    ◦ l’élevage en extérieur et le pâturage des ruminants ;
    ◦ un pourcentage minimum de surface favorisant le maintien de la biodiversité dans
    les exploitations (en plus des Surfaces d’intérêt écologique) ;
  • en maintenant le soutien financier à l’agriculture biologique (pratique et conversion) ;
  • en conditionnant les aides du 1​er​ pilier à des pratiques telles que :
    ◦ les rotations longues incluant des légumineuses (7 à 9 ans, pas 2 ou 4 ) ;
    ◦ le maintien de prairies permanentes ;
  • en plafonnant les aides couplées avec des critères environnementaux (notamment en plafonnant le nombre d’UGB par hectare de surface d’alimentation fourragère) ;
  • en adoptant, dans le cadre de « Get up Wallonia ! », un plan en faveur de la relocalisation de l’agriculture et de l’alimentation qui coordonnerait et financerait les politiques existantes (Stratégie Manger Demain, plan stratégique PAC, Alliance Emploi-Environnement-Alimentation, PWRP, REGAL, etc.) ;
  • en reconnaissant les SPG (Systèmes Participatifs de Garantie, qui encouragent par ailleurs les relations entre producteurs et mangeurs) au même titre que le label bio et en permettant des accès équivalents aux aides et primes que le label bio pour les SPG.

Nous approuvons le choix de la Région de soutenir des projets de relocalisation de l’alimentation en Wallonie. Il est en effet important d’encourager de nombreuses petites unités de transformation et de valorisation de nos multiples productions, et cela sur l’ensemble du territoire.
Pour assurer la pérennité de nos fermes, il est aussi important de soutenir :

  • le développement de filières alimentaires locales, en appuyant la production et la demande (cantines,...) en produits bio, locaux et vivriers (politiques sectorielles, éco-régimes et développement rural) ;
  • les circuits courts, des systèmes tels que le SPG (Systèmes Participatifs de Garantie) ou les labels locaux.

4) Assurer un revenu digne aux paysan.ne.s
Garantir un revenu digne aux agriculteurs.trices et paysan.ne.s est une nécessité. Les faits sont connus : disparition de la moitié des fermes wallonnes en 30 ans ; la majorité des exploitations viandeuses qui, sans prime, produisent à perte ; des maraîchers qui vivent avec 800 euros par mois ou moins, la déstructuration des fermes laitières suite aux crises de 2009 et 2015 et l’absence persistante d’outils de régulation...
Les mesures citées précédemment devraient contribuer à améliorer la situation, mais il est nécessaire d’aller plus loin :

  • en réservant les paiements directs aux véritables agriculteurs (acteurs de la production agricole, en excluant notamment les sociétés de gestion), avec un plafonnement à 60.000 euros par exploitant (carte d’identité à l’appui) et la mise en place d’un plafonnement des aides pour les 100 premiers hectares par agriculteur ;
  • en maintenant une aide couplée suffisante pour garder des fermes en polyculture élevage ;
  • en maintenant et revalorisant le budget consacré aux aides aux premiers hectares (paiement redistributif) ;
  • en instaurant une aide forfaitaire significative pour les petites et très petites exploitations.

Conclusion
Il y a urgence : la destruction des fermes et de nos écosystèmes est toujours en cours et proche du point de non retour ! Dans les années 50, chaque village comptait des dizaines de ferme, il n’en reste qu’une ou deux aujourd’hui, et elles risquent de disparaître... Il est donc indispensable d’axer tous les instruments de la PAC sur la transition agroécologique afin d’avancer concrètement sur les objectifs mis en avant dans le Green Deal et sa stratégie « De la fourche à la fourchette ».
Nous appelons les décideurs à construire une Politique Agricole et Alimentaire et un Plan Stratégique soutenant véritablement la transition agroécologique de nos fermes dans le paysage wallon et assurant un revenu rémunérateur aux agriculteurs·rices engagé·es dans cette voie.
Nous appelons les député.e.s wallon.ne.s à des mesures structurelles cohérentes pour favoriser une agriculture familiale multifonctionnelle répondant à des objectifs d’intérêt général. Nous identifions de manière prioritaire le soutien à l’agriculture paysanne par la réorientation des paiements de la PAC, la régulation des marchés et la maitrise des volumes de production et la fin aux importations et exportations qui nuisent aux paysan·ne·s dans les pays du Sud comme du
Nord.

Vous trouverez également la vidéo de notre intervention via ce lien.

Pour voir toute la session, retrouvez la vidéo sur la page youtube du Parlement wallon


Notes

[1On entend par souveraineté alimentaire le droit des Etats, Unions ou régions à décider collectivement le système alimentaire qui leur convient pour assurer une alimentation saine et de qualité pour tou.te.s en prenant en compte la
réalité des paysan.ne.s et en les plaçant au centre des discussions et des décisions.(...) Elle sous-entend une collaboration entre peuples afin que chacun puisse jouir d’une sécurité alimentaire.

[2Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales. ​
Texte intégral : https://digitallibrary.un.org/record/1650694/files/A_HRC_RES_39_12-FR.pdf

[3note d’analyse du gouvernement français sur les performances de l’agroécologie, août 2020

[4On entend par pratiques agroécologiques, des pratiques agricoles qui sont adaptées aux conditions agronomiques et écologiques du lieu de production. Il s’agit d’insérer la production agricole dans les processus naturels et écologiques, de profiter des services écosystémiques que la nature propose.


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